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Perin Emel Yavuz
Name: Perin Emel Yavuz
Funktion am DFK: Boursière
e-Mail: pyavuz@dt-forum.org
Vita:
Doctorante à l'EHESS sous la direction de Jean-Marie Schaeffer, j'achève une thèse sur le Narrative art qui s'attache à la fois à proposer une histoire de ce courant méconnu et à envisager les enjeux de la narration dans les pratiques artistiques des années 1970. Cette étude vise notamment à interroger le statut de la photographie dans ce corpus. Ce faisant, elle conduit à analyser l'articulation historique modernisme/postmodernisme et à réévaluer les critères du jugement esthétique à partir de la thématisation du banal.
Forschungsschwerpunkte:

Déconstruction du mythe moderniste et esthétisation du banal dans l'art des années 1970. L'exemple du Narrative art.

Travaillées par un contexte social et politique d'espoir et un renouveau du domaine des sciences sociales, les années 1960-70 se caractérisent, en art, par une profusion de mouvements qui s'accompagnent par l'atténuation des catégories et l'abolition des frontières entre les disciplines. L'éclatement de la vieille catégorie des Beaux-Arts est notamment favorisé par la démocratisation des technologies de communication (photographie, film, vidéo, cassette), autant de médiums qui amplifient le champ des pratiques offert aux artistes. Dans ce nouveau contexte de « clôture » historique, selon la thèse de Danto, qui marque la fin du récit moderniste de l'art, et de mise à mal de la « théorie spéculative de l'art » (Schaeffer 1992), les pratiques artistiques révèlent un affranchissement historique par un investissement esthétique des œuvres produites. Dès lors, la question des frontières et, avec elle, de l'interdisciplinarité, apparaît d'autant plus cruciale qu'elle croise l'effondrement des disciplines historiques au profit d'une intersémiotique contraire au principe moderniste de la pureté du médium, d'une part, et la redéfinition de l'art à l'aune d'une critique de ses moyens plastiques et de son objet. Cette problématique hétérogène force l'histoire de l'art à renouveler ses outils et concepts d'analyse pour appréhender la situation de « désorientation historique » (Danto 2000) que constituent les années 1970. Elle l'amène également à ouvrir un dialogue avec l'esthétique face à une production qui déplace la question du « Est-ce de l'art ? » à celle du « Quand y a-t-il art ? » (Goodman 1992 [1978]).

Pour porter ces questionnements, ce projet s'appuie sur l'exemple du Narrative art, tendance artistique post-conceptuelle des années 1970 qui regroupe une quinzaine d'artistes internationaux et qui se caractérise formellement par l'association de la photographie et du texte. Au moyen d'un système intersémiotique, cette tendance participe à la déconstruction du mythe de l'art fondé par la théorie spéculative de l'art qui l'avait porté à un niveau supérieur capable de rendre compte de « réalités autrement inaccessibles » (Schaeffer 1992) auxquelles l'artiste, par la force universalisante de sa subjectivité, permet d'accéder. Cherchant à désenclaver l'art de l'auto-référentialité érigée par le modernisme comme principe de sa réalisation, le Narrative art, parmi d'autres, développe une esthétique du quotidien qui participe de la déconstruction du mythe moderniste de l'art, d'une redéfinition de l'artiste comme « sujet faisant » et d'un réinvestissement de l'art dans un contexte d'éclatement des pratiques et de dissolution de la frontière art/non-art.

 
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